Avec les perspectives d’augmentation des capacités nucléaires mondiales, en particulier en Asie, et le lancement de l’initiative Génération IV sur les systèmes du futur, la coopération internationale en matière de R&D est en plein essor. Le CEA, conscient qu’un organisme ne peut supporter seul le financement des recherches, mène une politique volontariste d’ouverture à l’international et de mutualisation des efforts de R&D. Ses collaborations avec des instituts étrangers lui permettent d’être la tête de pont de l’industrie française (Areva, EDF…) sur les marchés prometteurs. Enfin, la réussite et la maturité du programme électronucléaire français incitent à diffuser une vision stratégique et les bonnes pratiques (sûreté, déchets) afin d’assurer un développement durable et pacifique de l’énergie nucléaire à l’échelle mondiale.


Europe

Dans le domaine nucléaire, le CEA contribue à l’Espace européen de la recherche en participant aux projets des programmes-cadres de recherche et développement (PCRD) communautaires – 13 projets du 6e en cours, 26 du précédent – et à la réflexion pour le 7e . Si la plupart des projets actuels consistent à réaliser des programmes de R&D en commun, ceux en phase de lancement ou futurs visent à structurer la recherche européenne, en favorisant le partage des connaissances et des installations ainsi que la mobilité des chercheurs. Un des meilleurs exemples pourrait être le projet RJH (voir “L’Europe à l’heure du RJH” chapitre 4). Par ailleurs, le CEA a mis en place des accords bilatéraux avec les principaux acteurs de la R&D nucléaire de l’Europe des 15. Enfin, la collaboration avec les nouveaux pays de l’UE se révèle très active, en particulier avec les pays dotés d’un potentiel de recherche important dans le domaine nucléaire (République tchèque, Slovénie, Hongrie).

Etats-Unis

Relance du nucléaire pour la production d’électricité, processus d’ouverture du site de Yucca-Mountain (Nevada) pour le stockage du combustible usé et lancement du Forum international Génération IV, les États-Unis sont depuis quatre ans un partenaire de choix du CEA. La coopération avec ce pays porte à la fois sur les réacteurs de 4 e génération et sur le devenir du combustible usé, notamment avec un programme d’évaluation des techniques de son traitement ainsi que de transmutation des actinides mineurs. À terme, ces programmes seront intégrés dans le Forum international Génération IV, au sein duquel le CEA collabore déjà avec les États-Unis.

Inde

L’Inde n’ayant pas signé le Traité de non-prolifération nucléaire, la coopération avec ce pays est aujourd’hui limitée par les règlements internationaux. Cependant, le CEA a signé en 2002 un protocole de coordination avec le DAE visant à développer un dialogue sur la sûreté dans les domaines ouverts à la coopération par l’administration française : sûreté du confinement, des structures (un stagiaire à Saclay pour un an), des combustibles, des coeurs, gestion et réduction du volume des déchets (un stagiaire à Cadarache l’an dernier) et sûreté d’exploitation.

Russie

Invitation de chercheurs en France, essais dans les installations russes… La coopération entre les deux États est vive depuis 1991, malgré les aléas économiques et la concurrence de leurs industries nucléaires à l’exportation. Elle porte sur les réacteurs à eau pressurisée et à caloporteur gaz ou métaux liquides, les réacteurs de recherche, le traitement des combustibles usés, la gestion et le conditionnement des déchets, le démantèlement des installations ainsi que sur la communication au public. Si le CEA est intéressé par la collaboration avec les instituts russes à l’expérience exceptionnelle, la Russie (comme l’Ukraine ou le Kazakhstan) a aussi beaucoup à gagner de ces partenariats, qui apportent un financement national ou européen.

Corée du Sud

Depuis les années 90, le CEA développe des collaborations avec le KAERI ( Korean Atomic Energy Research Institute ), notamment dans les domaines de la prévention des accidents graves (étude du comportement du combustible dans des situations accidentelles conduisant à une fusion dans le coeur), de la gestion des déchets et du démantèlement des installations déclassées.

Chine

La coopération du CEA avec la CAEA ( Chinese Atomic Energy Authority ) a été initiée, il y a plus de vingt ans, et fut rapidement suivie de la vente des premiers réacteurs français à la Chine. Elle a connu un nouvel essor en 1995, avec les perspectives de développement du parc nucléaire chinois, pour devenir, plus récemment, une des priorités du CEA, en soutien à la coopération industrielle française en Chine et pour la préparation des générations futures de réacteurs (rapides au sodium, réacteurs à gaz). Ainsi, une trentaine de chercheurs chinois sont accueillis et formés chaque année au CEA pour créer des liens solides autour d’un référentiel scientifique commun. Et depuis un an, des ingénieurs français assurent, en Chine, l’accompagnement nécessaire à la bonne utilisation des codes de calcul appris en France.

Japon

Forts de leurs connaissances complémentaires, la France et le Japon mènent une coopération équilibrée et soutenue depuis des années. Le CEA échange des informations, des ingénieurs et des chercheurs avec plusieurs organismes : le JNC, en particulier sur les neutrons rapides, le JAERI, sur les réacteurs à très haute température à caloporteur gaz et la production nucléaire d’hydrogène, ou encore le CRIEPI, sur la gestion et le stockage des déchets de haute activité. Ces collaborations laissent espérer des retombées industrielles, grâce à la synergie avec Areva Japan, véritable pôle nucléaire composé des sociétés Cogema et Framatome-ANP installées depuis plus d’une vingtaine d’années au Japon.

Nucléaire : une coopération internationale

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